29 novembre 2009
Rire
Un très vieux mythe samo raconte que lorsque Dieu créa les premiers humains, il les soumit à une épreuve en les chatouillant.
Ceux qui rient sont changés en hommes.
Ceux qui restent imperturbables deviennent des animaux terrestres ou aquatiques. Depuis ce jour les hommes rient, mais les bêtes ne rient pas.
F.-Xavier Damiba, Dieu n’est pas sérieux,
L’Harmarattan, 1999, 206 p., p. 102.
07 novembre 2009
Celui qui attend...
« Celui qui attend, dans le sens le plus élevé, n’est pas loin de ce qu’il attend. Celui qui attend avec un sérieux absolu est déjà saisi par ce qu’il attend. Celui qui attend dans la patience a déjà reçu la puissance de ce qu’il attend. Celui qui attend passionnément est déjà puissance d’action, et même la plus grande puissance de transformation possible dans sa vie intérieure et extérieure. La réponse divine à cet effort est le vide absolu.
L’attente n’est pas le désespoir. Attendre c’est accepter de n’avoir point, au nom de ce que nous avons déjà. Notre temps est un temps d’attente ; l’attente est son destin particulier. Tout temps d’ailleurs est un temps d’attente, il attend l’irruption de l’éternité. Le temps court toujours en avant. Le temps, dans l’histoire comme dans la vie personnelle, est toujours attente. Le temps est attente en soi, attente non pas d’un autre temps, mais de ce qui est éternel. »
Paul TILLICH, Les fondations sont ébranlées, Morel, 1967, p. 206.
13 octobre 2009
Aujourd'hui l'Evangile
Le dernier ouvrage de l'évêque d'Angoulême, Mgr Claude DAGENS, membre de l'Académie française, que j'ai pris le temps de lire, regroupe une série d'interventions données en différentes occasions. Elles sont rassemblées en 3 chapitres : "les défis actuels de l'évangélisation", "l'évangélisation des jeunes" et "l'engagement éducatif chrétien et l'enseignement catholique".
Si les publics concernés sont bien évidemment différents, les mêmes perspectives sont développés à travers toutes ces conférences : les chrétiens sont appelés à exercer leurs responsabilités dans une société fragile, en un temps de crise qui peut être aussi un temps favorable pour l'évangélisation.
Car s'il est incontestable que nous sommes dans une situation d'affaiblissement institutionnel, il est manifeste que l'on assiste dans le même temps à un renouvellement intérieur du tissu de la foi et de l'Eglise. Être chrétien, aujourd'hui, n'obéit pas du tout à un conformisme social. C'est d'abord un acte de liberté, comme l'attestent ces enfants qui viennent d'eux-mêmes à la catéchèse, ces jeunes qui demandent le sacrement de confirmation, les catéchumènes, les "recommençants"... L'Evangile, Mgr Dagens l'affirme avec force, peut être puissance de renouvellement pour notre humanité.
Claude DAGENS, Aujourd'hui l'Evangile,
Ed. Parole et Silence, 235 pages, 19 €uros.
25 septembre 2009
La pensée du jour
"Seuls les passionnés ont vécu. Les raisonnables ont duré."
Sébastien-Roch Nicolas, dit Chamfort
(1741-1794)
05 août 2009
Caritas in veritate
Chers amis,
Je suis heureux de vous informer, si vous ne l’avez pas d’ores et déjà appris, de la parution de l’encyclique sociale Caritas in veritate (L’amour dans la vérité) du Pape Benoît XVI. Dédiée aux thèmes de l’économie et du travail, au cœur de la crise mondiale, cette encyclique se découvre à la lumière du rapport dynamique entre le cœur et la raison, et propose des ponts entre éthique et capitalisme.
N’hésitez pas à consulter le texte intégral sur le lien suivant : ICI.
Fraternellement,
21 mars 2009
Si tu peux...
Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties sans un geste et sans un soupir. Si tu peux être amant sans être fou d'amour. Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre. Te sentir haï sans haïr à ton tour, pourtant lutter et te défendre. Si tu peux supporter d'entendre tes paroles travesties, et d'entendre mentir sur toi leur bouche, sans mentir toi-même d'un seul mot. Si tu peux rester digne en étant populaire. Si tu peux aimer tous tes amis en frère sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi. Si tu sais méditer, observer et connaître, sans jamais devenir sceptique ou destructeur. Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître. Penser sans n'être qu'un penseur. Si tu peux être dur sans jamais être en rage. Si tu peux être brave et jamais imprudent. Si tu sais être bon, si tu sais être sage sans être moral ni pédant. Si tu peux rencontrer triomphe après défaite et recevoir ces deux menteurs d'un même front. Si tu peux conserver ton courage et ta tête quand tous les autres les perdront. Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire seront à tout jamais tes esclaves soumis et ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire.
Tu seras un Homme mon fils.
Rudyard KIPLING.
18 novembre 2008
Veiller dans l'attente du Christ...
« Savez-vous ce que c'est que d'attendre un ami, d'attendre qu'il vienne, et de le voir tarder ? (...) Savez-vous ce que c'est que d'avoir un ami au loin, d'attendre de ses nouvelles et de vous demander jour après jour ce qu'il fait en ce moment, et s'il est bien portant ? Savez-vous ce que c'est de vivre pour quelqu'un qui est près de vous à tel point que vos yeux suivent les siens, que vous lisez dans son âme, que vous voyez ses désirs, que vous souriez de son sourire et vous attristez de sa tristesse, que vous êtes abattu lorsqu'il est ennuyé, et que vous vous réjouissez de ses succès ? Veiller dans l'attente du Christ est un sentiment qui ressemble à ceux-là, autant que des sentiments de ce monde sont capables de figurer ceux d'un autre monde... »
Cardinal John-Henry NEWMAN, Parochial and Plain Sermons, vol. IV, sermon 22.
Traduction d'Henri Brémond, La vie chrétienne, Bloud, Paris, 1911, p. 353-356.
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01 novembre 2008
Un bon petit livre à découvrir, à l’occasion de la Tous-saints
La sainteté n’est pas destinée à une élite, auréolée ou non : « elle est le devoir de tous » répétait Mère Teresa. La sainteté n’est pas une décoration pour service rendu, elle n’est pas la Légion d’honneur de l’Eglise. On ne l’acquiert pas par ancienneté et elle n’est pas non plus un sport où triomphent les plus forts et les plus grands. C’est souvent le contraire, même ! Elle révèle plutôt ce que nous sommes : des enfants bien-aimés du Père, sauvés dans le Fils et sanctifiés par l’Esprit.
Dans cet ouvrage, Jacques Gauthier rend accessible à tous l’invitation à devenir saint, c’est-à-dire à participer à la sainteté même de Dieu, déployée en nous depuis le jour de notre baptême. En nous faisant découvrir les saints qu’il aime et prie, il nous apprend avec poésie et simplicité à désirer la sainteté, c'est à dire à garder vivant en nous le feu que Jésus a jeté sur la terre pour que le monde soit plus humain, donc plus divin.
Père de famille, Jacques Gauthier a publié de nombreux ouvrages de spiritualité chrétienne et de poésie dont J’ai soif. De la petite Thérèse à Mère Teresa, un succès traduit à travers le monde, Thérèse au milieu des hommes et tout récemment Notre cœur n’était-il pas brûlant ?, un cheminement appuyé sur la Parole de Dieu.
Fraternellement,

Tous appelés à la sainteté, de Jacques Gauthier, Parole et Silence, 2008, 11 €.
02 février 2008
« Sa » vie
A 80 printemps, Madame Veil se raconte, se livre un peu, se délivre peut-être, une fois de plus. Sa vie, ses combats, ses rêves encore.
« Une vie ». Le titre que Simone Veil a emprunté à Guy de Maupassant ne sonne pas parfaitement : « sa » vie n'en est pas simplement « une », tant elle est exceptionnelle.
Par son expérience du tragique, d'abord, avec la déportation qui anéantit sa famille et qui a fait que c'est en rescapée que Simone Veil a traversé le reste de son existence.
Dans le domaine public, ensuite, qui la voit occuper en France et en Europe des fonctions éminentes, toujours liées à ses engagements les plus profonds.
Enfin, son parcours est rare par sa grande valeur éthique et philosophique : presque jamais Simone Veil n'a transigé, pour des raisons électorales ou partisanes, avec ses convictions. Elle confie, dans « Une vie », quelques regrets. Plus que d'autres, elle est donc fondée à juger sévèrement certains acteurs politiques, et ne s'en prive pas.
Alors qu'elle vient de franchir le cap des 80 printemps, Simone Veil a encore voulu témoigner des épreuves surmontées et des victoires remportées, inlassablement, avec la retenue tout de même qui est la sienne. Au nom de ceux qui ont disparu : « A nos côtés, tous ces morts qui nous furent si chers, connus ou inconnus, se tiennent en silence. Je sais que nous n'en aurons jamais fini avec eux ». Mais, surtout, pour les vivants, parce que l'oubli serait une indécence à l'égard des principes et un affaiblissement face aux défis de l'avenir.
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Simone Veil, « Une vie », Stock, 2007, 400 pages, 22,50 €.

08 janvier 2008
Spe salvi - Sauvés dans l'espérance
Chers amis,
C’est le 30 novembre dernier qu’a paru la deuxième encyclique du pontificat de Benoît XVI, intitulée « Spe salvi - Sauvés dans l’espérance ». Ce texte, qui s’inscrit dans le prolongement de « Deus Caritas est - Dieu est Amour », se propose d’approfondir l’intelligence de l’une des trois vertus théologales qu’est l’espérance, avec la charité et la foi. Je viens de consacrer mon premier week-end de l’année à une récollection sur le thème de ce texte, avec une dizaine de jeunes professionnels de ma paroisse parisienne d’insertion. L’occasion, ainsi, de lire, relire, méditer et partager le fruit de nos réflexions sur ces lignes qui, reconnaissons-le, peuvent, à première vue - mais seulement à première vue -, paraître un peu arides.
Benoît XVI a d’abord souhaité rappelé la signification profonde de l'espérance chrétienne qui n’est pas d’abord un enthousiasme béat, une joie superficielle, encore moins une « positive attitude » pour reprendre le bon mot du Cardinal Vingt-Trois, commentant l’encyclique. Le Pape l’expose comme la certitude anticipée de ce que Dieu veut nous donner et qui doit s'éprouver dans la confrontation aux grandes épreuves de l'existence humaine.
Le Pape développe ensuite sa réflexion en intégrant diverses approches : philosophique, politique, historique…, en s’intéressant aux différentes idéologies qui, à travers les âges, ont cherché avec plus ou moins de bonheur, à répondre à la quête incessante de l’homme (positivisme, marxisme, etc.).
Il parachève enfin son encyclique par l’énumération de « lieux » d’apprentissage et d’exercice de l’espérance, telle la prière, espace privilégié du dialogue avec le Dieu vivant.
Et si vous vous laissiez tenter, vous aussi, par l’expérience d’une lecture communautaire de cette encyclique ?
Benoît XVI, Sauvés dans l'espérance, Cerf, 84 p., 4 €.
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Fraternellement,














