13 février 2008
Dieu a besoin
Dieu avait besoin d'un père pour son peuple :
il choisit un vieillard.
Alors Abraham se leva…
.
Il avait besoin d'un porte-parole :
il choisit un timide qui bégayait.
Alors Moïse se leva…
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Il avait besoin d'un chef pour conduire son peuple :
il choisit le plus petit, le plus faible.
Alors David se leva…
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Il avait besoin d'un roc pour poser l'édifice :
il choisit un renégat.
Alors Pierre se leva…
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Il avait besoin d'un visage pour dire aux hommes son amour :
il choisit une prostituée.
Ce fut Marie de Magdala…
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Il avait besoin d'un témoin pour crier son message :
il choisit un persécuteur.
Ce fut Paul de Tarse…
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Il avait besoin de quelqu'un pour que son peuple se rassemble
et qu'il aille vers les autres :
il t'a choisi(e).
Même si tu trembles, pourrais-tu ne pas te lever ?
Jean-Baptiste, Cardinal Pham Minh Man, Vietnam.
11 novembre 2007
La pensée ragaillardissante de la semaine (XV)
«C’est dans la solitude que je trouve la tendresse de cœur qui me permet d’aimer véritablement les autres. Plus je suis seul, plus j’ai d’affection pour eux. C’est de l’affection pure, emplie de respect.»
Thomas Merton
La solitude s’apparente moins à un individualisme forcené qu’à une quête d’approfondissement et d’authenticité. L’élan vers les autres (l’altérité aimante) n’a de sens et de puissance que s’il est nourri d’abord d’un équilibre personnel (l’intériorité agissante). La maturité d’une relation ne peut s’accomplir que si l’autre n’est pas ressenti comme un besoin ou un désir à combler, mais comme une valeur à respecter ; en d’autres termes, il s’agit moins de savoir ce que l’autre peut m’apporter que ce que je peux lui donner. Car c’est en donnant que l’on reçoit. Et puis, la distance permet d’établir une relation tout à fait juste (dans le double sens de justice et de justesse). Il faut être plus solitaire pour être mieux solidaire…

13 octobre 2007
La pensée ragaillardissante de la semaine (XIV)
« Je voulais chasser tout ce qui dénaturait la vie pour ne pas, au soir de la vieillesse, découvrir que je n’avais pas vécu. »
Henry David Thoreau
Vivre pleinement les heures de son existence, en quoi cela consiste-t-il au fond ? Ne pas s’attarder à ce qui contredit la plénitude de l’instant ; ne contrarier ni la nature, ni sa propre nature ; chasser les nuages menaçants des doutes, le vent contraire des adversités, la dégradation des prédispositions positives et bienveillantes ; déborder les territoires étriqués de la routine en s’ouvrant à de plus amples horizons. Le Carpe Diem d’Horace nous invite à cueillir le jour comme un fruit gorgé de suc. « Rien n’est plus précieux que ce jour » disait Goethe pour célébrer l’éclat de l’inédit jaillissant de la gangue ordinaire des jours. Aborder demain matin, et chaque matin, dans sa fraîcheur apéritive, dans sa candeur inaugurale. Retrouver la source pure des recommencements, l’appétit constant des découvertes et des rencontres fondatrices, la ferveur inentamée face à un destin à mettre au monde. Rappelez-vous qu'aujourd’hui est le premier des jours qu’il vous reste à vivre…
06 octobre 2007
La pensée ragaillardissante de la semaine (XIII)
« L’avenir, on ne le subit pas, on le fait. »
Georges Bernanos
On a l’âge de son espérance ! Oui, à tout âge, ce qu’il y a de jeune en nous, c’est l’attente, le désir, une certaine qualité d’espoir ; et ce qu’il y a de vieux en nous, c’est le dépit, la résignation, le déclin du courage, l’usure de l’émerveillement. La ligne de démarcation qui sépare la jeunesse de la vieillesse est peut-être là : lorsque nous nous résignons à voir le monde tel qu’il est au lieu de chercher à l’améliorer, là où l’on est, pour le rendre plus proche de la plus belle image que nous avons de lui… Mettre son grain de sel, y compris dans l’océan de la fatalité, c’est avec la contribution d’autres âmes en quête, lutter contre l’affadissement et la dilution du sens. L’avenir n’est pas une fatalité à déplorer ou à subir, mais un défi exaltant pour ceux qui veulent contribuer à le façonner. Ceux qui ont assez d’ardeur pour considérer, à la suite de Gaston Berger, que « demain est moins à découvrir qu’à inventer »… Et qu’il faut donc toujours avoir assez d’audace pour transformer nos « À quoi bon ! » en : « Pourquoi pas ? »

29 septembre 2007
La pensée ragaillardissante de la semaine (XII)
« C’est de l’altitude qu’il faut prendre et non de l’avance ; ce n’est pas en collant servilement à ce qui se passe, mais en s’élevant vers ce qui demeure qu’on répond le plus profondément aux besoins de l’homme moderne qui, sous les oripeaux éphémères de l’actualité, ressent les besoins de l’homme éternel. »
Gustave Thibon
L’homme a souvent maille à partir avec la modernité. Sa hantise de se sentir dépassé est telle qu’il est volontiers enclin à ajuster sa vérité aux tendances du moment… ce qui est une source surabondante d’erreurs, car l’on voit mieux avec du recul qu’en ayant le nez collé sur l’événement. Ce qui doit nous motiver, nous passionner et nous conduire, ce n’est pas l’actualité du moment, c’est ce qui est d’une éternelle actualité. En s’y attachant, on délaisse le temps qui passe pour entrer, comme si c’était son vrai chez-soi, dans le temps qui demeure… Comme le disait encore Thibon, « tout ce qui n’est pas de l’éternité retrouvée est du temps perdu ».

05 septembre 2007
Silence...
Que personne ne s'étonne du silence prolongé de ce blog. Je rentre en retraite pour 10 jours puis poursuivrai avec le week-end de rentrée du Séminaire au Mont-Saint-Michel et à Saint-Malo. Retour à Paris et sur le web le lundi 17 septembre.
Fraternellement,

27 juillet 2007
La pensée ragaillardissante de la semaine (XI)
« Garde-toi de couper
ce que tu peux dénouer. »
Joseph Joubert
Tout, dans ce monde,
conspire à séparer ce qui est uni. Ainsi sont nos étranges cœurs : nous sommes
plus souvent enclins à trancher qu’à négocier, à nous mettre en colère qu’à
supporter patiemment, à affirmer notre point de vue qu’à écouter avec attention
celui de l’autre. C’est pourquoi tant de problèmes relationnels embrouillent le
fil de la vie, et que bien des nœuds viennent compliquer nos liens et malmener
notre bien-être.
Défaire un nœud demande patience et ténacité, calme et méticulosité. Le colérique ou l’impatient préférera couper net, plutôt que de débrouiller les fils emmêlés. Le secret d’une vie heureuse tient pourtant beaucoup dans cette faculté de créer et de maintenir des liens, quitte à en dénouer délicatement le fil si des embrouilles venaient à créer des enchevêtrements inextricables. Dénouer, c’est simplifier et c’est libérer tout à la fois. C’est le sentiment de séparation qui doit être extirpé de notre esprit, car il inspire généralement une radicalité désastreuse. Dans nos moments de repli sur soi ou de fuite en avant, dans nos agacements et nos blocages, dans nos rejets ou nos discordes, dans nos altercations et nos vexations définitives, réactualisons sans délai ce précieux secret de réconciliation : « garde-toi de couper ce que tu peux dénouer. »

24 juillet 2007
Mon été, à l'ombre du cloître de la cathédrale
Chers Amis,
Vous êtes nombreux à me demander comment j'occupe mon été. Ces coupures de presse vous renseigneront utilement !
Fraternellement,
10 juillet 2007
Une pensée... du Chat de Philippe Geluck (V)

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J'essaye de noyer mon chagrin dans l'alcool mais depuis le temps,il a appris à
nager, mon chagrin…
05 juillet 2007
La pensée ragaillardissante de la semaine (X)
« Il n’y a pas un millimètre du monde qui ne soit
savoureux. »
Jean Giono
Observez un tout petit enfant sur un carré d’herbe fraîche
: il est capable de passer des heures entières, pratiquement sans bouger, dans
l’émerveillement de ses menues observations. Tout pour lui exprime le miracle
de la création. Il observe, découvre, s’étonne, se délecte, s’ouvre à ce qui
l’entoure, s’emplit de mille impressions subtiles. Tout l’enhardit, l’intimide,
l’émerveille ou le saisit. Chaque frémissement de la nature, chaque palpitation
de l’univers.
Apparemment, son royaume tient sur moins d’un mètre
carré. En réalité, il est l’hôte universel, inséré dans le monde entier, le
visible et l’invisible. Son esprit n’est limité ni à une surface (il va en
profondeur), ni à un périmètre (il est conduit au centre). À cet instant de sa
vie, l’enfant est en osmose avec l’univers entier ; son attention est vécue par
tous ses sens avec une incroyable intensité. Puissions-nous réhabiliter en nous
cet émerveillement, redécouvrir le sublime dans l’infime, l’imprévisible dans le
surgissement de l’infiniment petit, la beauté dans la simplicité essentielle.
L’infini ramené à un carré d’herbe fraîche, l’éternité coïncidant exactement
avec un instant de plénitude radieuse, dans ce sentiment d’être pleinement
inséré dans la pure beauté de l’univers avec le privilège inouï d’en être le
témoin. Ressuscitons en nous la conscience savourante de vivre ! Et nous
constaterons — avec une évidence claire comme l’attention émerveillée d’un
enfant — combien le monde est beau et combien cette vie mérite d’être vécue !














