07 novembre 2009
Celui qui attend...
« Celui qui attend, dans le sens le plus élevé, n’est pas loin de ce qu’il attend. Celui qui attend avec un sérieux absolu est déjà saisi par ce qu’il attend. Celui qui attend dans la patience a déjà reçu la puissance de ce qu’il attend. Celui qui attend passionnément est déjà puissance d’action, et même la plus grande puissance de transformation possible dans sa vie intérieure et extérieure. La réponse divine à cet effort est le vide absolu.
L’attente n’est pas le désespoir. Attendre c’est accepter de n’avoir point, au nom de ce que nous avons déjà. Notre temps est un temps d’attente ; l’attente est son destin particulier. Tout temps d’ailleurs est un temps d’attente, il attend l’irruption de l’éternité. Le temps court toujours en avant. Le temps, dans l’histoire comme dans la vie personnelle, est toujours attente. Le temps est attente en soi, attente non pas d’un autre temps, mais de ce qui est éternel. »
Paul TILLICH, Les fondations sont ébranlées, Morel, 1967, p. 206.
Commentaires
Merci
Très beau, très juste... Merci à toi de nous donner un paragraphe choisi ! Merci de faire place à la parole d'un autre, parole pleine de saveurs.
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